bilinguisme

Je voudrais vous raconter comment la notion du bilinguisme est apparue dans ma vie. Doucement, petit à petit, elle est arrivée et s’est installée pour prendre de plus en plus de place. Et déterminer la façon dont j’ai décidé d’élever mon fils.

La grossesse est pour une grande partie des femmes un moment crucial de la vie. C’est le temps de la réflexion, des questions, des doutes et d’une sorte de bilan: par rapport à notre passé, ce que nous vivons actuellement et comment nous imaginons le futur. Nous nous retrouvons face à de nombreuses questions, face à nous-mêmes (nos origines, notre histoire, notre famille…). Mais aussi face à nos souhaits pour l’avenir : ce que nous souhaiterions transmettre à notre enfant, quelle éducation nous voudrions lui donner, et même des questions plus globales : par rapport au monde dans lequel il vivra et dans quelle culture il évoluera.  

La question de la culture

Je pense que la question de la culture est particulièrement forte chez les femmes qui habitent en dehors de leur patrie. Est-ce que je souhaite que ma culture à moi soit présente dans la vie de mon enfant ? Ses valeurs, ses traditions, son histoire, sa littérature, sa musique, sa langue… Dans quelle mesure mon enfant héritera de ce qui m’a été transmis par ma famille, l’école et la société dans laquelle j’ai été éduquée ? Tout ce qui a fait que je suis devenue la personne que je suis aujourd’hui? Et ce qui fera toujours une partie indissociable de moi, quoi que je fasse et quelle que soit la situation dans laquelle je me trouve ?

Et la langue ?

La place de la langue est particulière. Elle est un signe le plus visible et le plus évident qui nous unit à pays de notre enfance. C’est le premier aspect qui « saute aux yeux » et qui fait que quelqu’un est reconnu comme un membre de notre communauté culturelle. La langue constitue également mon lien avec ma famille qui habite toujours dans le pays où je suis née.

Que deviendra mon enfant ?

Pendant ma grossesse, ces questions m’ont beaucoup travaillée, tiraillée, perturbée. Je m’interrogerais quelle personne pourrait devenir mon fils et comment je devrais l’élever afin qu’il puisse bénéficier pleinement de ce que son environnement (moi compris) est capable de lui offrir. Afin qu’il puisse se construire de façon la plus complète et positive et devenir une personne dotée d’une grande richesse culturelle. Une personne ouverte au monde et curieuse de ce qui l’entoure.   

Mon enfant, je pensais, en raison de son lien avec moi, est lié à ma culture. Grâce à moi, il sera membre de notre communauté où qu’il ne vive. Il héritera du droit à la culture de mon pays, au sens large du terme En tant que sa  mère, je suis une des rares personnes qui sont capables de la lui transmettre, présenter, expliquer, valoriser. Ainsi, je me suis rendu compte d’une grande responsabilité qui pesait sur moi. La responsabilité de partager avec mon enfant cet héritage auquel il y a droit de par de ses racines et dont en aucun cas je ne peux le priver. D’autant plus que, puisque je l’aime, je souhaite  pour lui tout ce qui est de meilleur. Je souhaite lui donner l’accès au maximum de ressources et de possibilités, pas seulement matérielles, mais aussi culturelles.

L’éducation bilingue et le bilinguisme

En résumant, la décision du bilinguisme, ou plutôt de l’éducation bilingue, n’est pas venue de nulle part. Elle est le fruit de ma réflexion sur mes propres racines et l’identité culturelle de mon enfant. Je suis persuadée que la plupart de Mamans qui visitent cette page, connait bien ces questions et ces doutes.  C’est ainsi qu’a commencé notre voyage extraordinaire, à travers nos deux langues, nos deux cultures, nos deux mondes…

Si vous souhaitez partager avec nous vos réflexions à ce sujet, je vous invite à le faire, dans les commentaires de l’article.