connexions neuronales

La neuroscience, grâce à son application dans le domaine de l’éducation, nous fournit des renseignements bien utiles dans notre rôle des parents multilingues. (Et des parents tout court.) La création des connexions neuronales dans le cerveau de l’enfant peut présenter de réels bénéfices par rapport à la transmission de langues minoritaires. Pour cela, il est important qu’elle soit guidée de façon appropriée, consciente et réfléchie. Il ne s’agit en aucun cas de manipulation, rassurez-vous. Il est plutôt question de donner à l’enfant l’éducation souhaitée par le parent. Je vous invite à une réflexion au sujet de l’impact des connexions neuronales sur l’attitude de l’enfant vis-à-vis de seconde langue.

Axiome de Hebb

Avez-vous entendu de l’axiome de Hebb ? Formulé par un neurologue canadien Donald Hebb, il formule l’idée selon laquelle les neurones qui s’activent simultanément suite à une expérience, se connectent entre eux en formant un réseau.

Plus cette expérience est répétée, plus le réseau se renforce et s’approfondit. L’axiome de Hebb tend à expliquer l’apprentissage associatif : une association (positive, négative ou neutre) est faite entre deux stimuli. La répétition de l’un d’entre eux entraîne automatiquement le rappel de l’autre.

En pratique…

Les expériences répétées structurent le cerveau de l’homme, grâce à la formation de réseaux de neurones et de synapses. Pour nous, les parents, il est important de guider les expériences de nos enfants vers une direction souhaitée. Comment ? En les dirigeant vers une dimension positive. Par exemple, quand le parent s’adresse à l’enfant avec bienveillance, les connexions neuronales qui se créent, associent le parent avec amour (l’axiome de Hebb) et, par la suite, la bienveillance aux contacts avec les autres. Ainsi, l’attitude du parent vis-à-vis de l’enfant : ce que l’enfant voit, vit, entend, ressent… (en sa présence) façonne le cerveau de l’enfant. Pour aller plus loin, ces expériences influent sur sa vision du monde et ses relations avec d’autres personnes.

Implications pour les langues minoritaires

Et en ce qui concerne les langues ? La conscience de la structuration du cerveau de l’enfant par ses expériences quotidiennes, nous donne des moyens pour agir sur sa perception de sa seconde langue. Des activités agréables, du temps exclusif, des moments de complicité avec le parent autour de la culture minoritaire créent chez l’enfant des connexions neuronales associant la langue et la culture minoritaires au plaisir et à l’épanouissement. Et dans l’autre sens : la contrainte et des menaces en rapport avec cette langue produisent des connexions reliant la langue à des épreuves désagréables. Il est probable que l’enfant aura tendance à les éviter à l’avenir.

Connexions neuronales et rôle de parents

Grâce aux contacts quotidiens avec nos enfants, nous avons le pouvoir d’influencer sur la structuration de leur cerveau. Nos comportements et nos paroles en présence de nos enfants déterminent les connexions neuronales qui se développement chez eux. Notre impact sur les secondes langues des enfants est juste un exemple parmi d’autres domaines de la vie que nous façonnons chez eux, consciemment ou pas. Il vaut certainement mieux le faire de manière réfléchie qui fait partie de l’éducation que nous souhaitons donner à nos enfants. Et, dans notre cas, l’attitude vis-à-vis de nos langues maternelles est un des facteurs où notre influence peut être particulièrement visible. Nous ne transmettons pas seulement nos langues à nos enfants, mais aussi tout l’imaginaire autour d’elles. Que celui-ci soit agréable, joyeux et beau.

Source : Dr Daniel J. Siegel, Tina Payne Bryson « La discipline sans drame », Éditions des Arènes, Paris, 2016

Si vous souhaitez partager avec nous votre réflexion, je vous invite à le faire dans les commentaires de l’article.